• Sociologie narrative ?
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    • Penser et comprendre, voilà l’affaire de « Fragments du monde », de celles et de ceux pour qui s’enquérir a plus d’importance que de prononcer 
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Des récits de papier aux récits 2.0





Fragments du monde

"Fragments du monde" interroge et réaffirme le paradoxe de notre appartenance à un seul et même monde, un monde commun qui s’impose à nous, mais aussi un monde composé de multiples fragments, dispersés et interconnectés, un monde pluriel que l’on doit partager, un monde à parcourir en laissant des traces, en en suivant d’autres, un monde traversé de fragments de mémoires, de récits, qui glissent sur d’autres, qui dialoguent et qu’il importe de raconter.

"Fragments du monde" souhaite stimuler des écritures repérées dans de multiples situations de rencontres et encourager la production de textes découverts aux détours d’ateliers, conversations, échanges sur des terrains d’enquêtes ou dans des espaces pédagogiques.

"Fragments du monde" souhaite accueillir les essais, travaux et chapitres de chercheurs, d’étudiants, d’artisans et producteurs de connaissances issues d’enquêtes sociologiques, anthropologiques, historiques, philosophiques, centrées sur une analyse, un problème, une expérience, contribuant à une compréhension critique du monde auquel nous participons.

Trois idées gouvernent "Fragments du monde" :
Ignorer les spécifications disciplinaires qui limitent l’intelligence des phénomènes au nom de la préservation de l’académie
Récuser la logique autoritaire qui exige des titres pour participer à la co-construction du savoir
Défaire le partage des savoirs académiques et des savoirs profanes qui discréditent ceux-ci en légitimant ceux-là

Penser et comprendre, voilà l’affaire de "Fragments du monde", de celles et de ceux pour qui s’enquérir a plus d’importance que de prononcer !

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Fragments du monde

par Claudia Girola

10 février 2020
Pour un journal collectif des expériences quotidiennes en des temps tumultueux. 1. Sur la ligne 13


Les récits des expériences quotidiennes ne semblent pas avoir droit de cité dans la plupart des espaces de parole, même dans les assemblées et piquets de grèves où ce sont souvent les grandes déclarations politiques qui peuplent les différentes interventions.. Ils sont considérés comme de simples « anecdotes » et donc réduits à des non-événements, à des histoires dépourvues de force explicative, dénuées de sens politique, des récits sans importance qui ne serviraient qu’à amuser ou remplir les silences d’une rencontre inattendue… Nous savons pourtant que les sens de nos vies et de nos actes individuels et collectifs ne naissent pas uniquement dans les grands événements qui marquent nos cycles de vies ou notre histoire collective mais aussi et particulièrement dans ces scènes quotidiennes, apparemment accessoires et de l’ordre de l’impondérable.
Aujourd’hui je m’adresse à vous toutes et tous pour vous inviter à écrire une sorte de journal collectif où on partagerait les expériences quotidiennes de ces temps tumultueux, expériences que nous risquons, en raison de leur caractère éphémère, de perdre dans l’oubli pour toujours, malgré le trop plein de sens en elles contenues.
Et pour commencer, vous verrez le récit de mon trajet pour rentrer chez moi par le métro sur la ligne 13...

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Fragments du monde

par France Ferrieux

9 février 2020
Pour un journal collectif 2. Covoiturage non-sollicité


Dimanche de janvier double 20,
Ratp trafic raconte qu’il n’y aura pas de métro du tout pour que ma fille puisse arriver à son boulot avant 9h du matin. 10 kms à pied, ça devrait prendre 2h et 17 minutes, d’après l’application Plan. Alternative ? n’est prévu qu’un bus aux horaires extrêmement aléatoires, qu’il faut aller prendre à seulement 1,5 km. Uber et consorts « dépanneurs » commencent à coûter un peu trop cher, en particulier le dimanche...

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Fragments du monde

par Par Karine Boennec

12 décembre 2019
La police matraque dans l’Université de Bretagne Occidentale


Bibliothèque Universitaire de Lettres - Université de Bretagne Occidentale. Le mardi 10 décembre 2019
Je travaille à l’accueil de la BU, assise derrière la banque de prêt. La BU a ouvert à 8h. Je suis seule personnel à l’accueil, comme habituellement pendant la première heure d’ouverture. Très peu de temps après, j’entends des cris venant de l’entrée. Les cris sont particulièrement forts. Je me lève. Je vois un groupe de jeunes plutôt de dos, qui reculent, en défensive (des corps repliés, quelques bras en protection). Face à eux, les poursuivant, des hommes en tenue, casqués, avec matraques. Autour d’une dizaine. Il y a des contacts entre les deux groupes, les policiers accrochent les bras, les vêtements des jeunes, je vois des bras levés avec des matraques.

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Fragments du monde

par Première partie. Tagada/Together

9 décembre 2019
Récits de Palestine. Construire, reconstruire, résister


Ce témoignage a été écrit à l’issu d’un voyage en Palestine, autour d’une mission « cueillette des olives ». En partant, on s’engage au retour à témoigner. On s’engage aussi à ne pas nuire. C’est pourquoi – parce qu’il sera publié sur internet – il n’y aura dans ce texte ni description de personnes, ni photos de ces personnes, ni les vrais prénoms. Dans son autobiographie, Frederick Douglass, qui était esclave américain au XIX° siècle, explique comment des militants abolitionnistes blancs, en racontant ce qu’ils faisaient pour aider les esclaves à fuir, empêchaient, de ce fait, d’autres esclaves de fuir. Ils informaient en exposant leurs stratégies, ceux qui ne devaient surtout pas être informés : les autorités, les propriétaires d’esclaves. En Palestine, faire appel à des internationaux pour la cueillette des olives représente une prise de risque : celui en premier lieu de ne plus pouvoir accéder à sa terre. Ne pas faire appel aux internationaux est aussi un risque : risque d’agression notamment en accédant à sa terre. Les Palestiniens choisissent leurs prises de risques dans le cadre de leur résistance mais nous avons la responsabilité de ne pas en ajouter. Si donc témoigner est un devoir, il est important d’avoir conscience du risque de l’écrit , particulièrement sur internet, et donc de choisir ce qu’on raconte. Je ne parle presque pas des militants parce que c’est un témoignage sur les conditions de vie des Palestiniens et non sur le militantisme. C’est une histoire palestinienne et c’est donc un choix de ne pas mettre les occidentaux en scène, qui eux sont – dans ce cadre – au service des Palestiniens, dans le cadre de leur mouvement de résistance.

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Fragments du monde

par Annick Madec

6 décembre 2019
En faire toute une histoire

Joséphine vient de mourir. Centenaire. Elle aimait raconter les histoires de son village des Monts d’Arrée. Finistère. Mais elle ne voulait pas avoir d’histoires parce qu’elle avait raconté des histoires. Pour ne pas avoir d’histoires avec Joséphine, l’histoire de l’infanticide racontée ici n’a pas encore été écrite. A plus forte raison, elle n’a pas été publiée...

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Fragments du monde

par Laetitia Overney

6 décembre 2019
Placard grand ouvert

A la maison, ma mère s’est toujours empressée de fermer les portes du placard de cuisine à l’approche d’un visiteur. Par peur du regard inquisiteur ou envieux ? Des commères qui iraient raconter chez le voisin les serviettes mal pliées, la belle porcelaine, ou les boîtes de médicaments ? Le placard ouvert dévoile trop d’intimité. Le placard ouvert, ça ne se fait pas.

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Fragments du monde

par Axel Pohn-Weidinger

6 décembre 2019
L’institution nourricière : éducateurs, usagers et cuisiniers dans un centre d’hébergement et de réinsertion sociale.

« Une nouvelle fois nous voudrions réclamer à propos de Marie, la responsable de la cuisine...
Dans la « boîte à idées » d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) pour Français rapatriés, on peut lire ces phrases, qui en disent long sur les conflits qui animent le réfectoire...

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Fragments du monde

par Numa Murard

6 décembre 2019
Proximité sociale et distance spatiale

De là on voyait la cour carrée, les pavés irréguliers, trous et bosses compris, le caniveau en V au milieu, avec la grille du tout-à-l’égout au bout, la boue noire accumulée autour, avec les résidus qui changeaient tous les jours comme pour le distraire lui alors qu’il lui fallait se concentrer, trouver l’énergie pour arracher au néant cette sensation, cette impression, cette odeur de l’enquête, avec la plume, qu’il la crache sur le papier...

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Fragments du monde

par Lorraine Ory

2 décembre 2019
Louise, les silences de la résistance

Louise a 86 ans et vit dans un EHPAD, un établissement pour personnes âgées dépendantes. Je l’ai rencontrée sur proposition de sa fille . L’histoire de ma rencontre avec Louise exigeait d’être écrite. La voici.

Photo de Leonardo Antoniadis

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Fragments du monde

par Gregory Duquesnoy

28 novembre 2019
Incursions ethnographiques aux audiences correctionnelles du tribunal de Senlis


Gregory Duquesnoy avait 45 ans.Nous avions fait une recherche sur le « bien boire, trop boire » en 2005- 2007, enquête de terrain qu’il sut mener à bien, avec de très nombreuses notations dans les tribunaux, dans les centres de cure, dans les opérations policières d’arrestation sur la route. Sa passion pour les situations extrême d’alcoolémie le conduisit dans un centre d’alcoologie pour étudier de près les méthodes d’aide, les relations thérapeutiques et tous les points de résistances manifestés par les patients. Tout ce travail aboutira à sa thèse : « Trop boire : les mise au secret de l’excès » en 2005. Gregory ne voulait pas concourir sur des postes. Il craignait les épreuves de ce genre. Alors il occupa plusieurs postes de formateurs à l’IPESUP et à l’institut catholique à Paris.
Emotions trop denses envers ses enquêtes sur le trop boire ? Stationnement trop long ? Ces excès tant observés ont ils débordé ? Nous ne le savons pas. Nous savons simplement que sa mort tragique ressemble à ce qu’il avait étudié. Aujourd’hui nous revenons sur ce qu’il écrivait. Des notations très sensibles que nous vous donnons à lire tandis que toutes nos affectueuses pensées vont à son fils.
(Catherine Deschamps, Jean-François Laé, Bruno Proth)